Armes silencieuses : enquête sur la guerre psychotronique secrète

MK-Ultra : quand l’horreur devient expérimentation

Sous le sceau du secret-défense, le programme MK-Ultra va sombrer dans l’horreur. Financées par la CIA, des expériences inhumaines sont menées sur des sujets vulnérables, souvent des enfants, pour briser leur psyché et créer des candidats mandchous entièrement contrôlables. Drogues hallucinogènes, électrochocs, abus sexuels ritualisés, tortures physiques et psychologiques : tout est bon pour fracturer l’esprit et y implanter de nouvelles personnalités obéissantes.

L’idée est de programmer des tueurs, espions ou esclaves à déclenchement post-hypnotique. Une simple phrase, un son ou même une couleur pourra plus tard activer ces alter ego cachés, parfois des décennies après le traumatisme initial. Le terme même de Manchurian Candidate, popularisé par un roman de 1959, désigne ces marionnettes humaines conditionnées.

Parallèlement, on s’attaque déjà au cerveau par la technologie. En 1964, le neuropsychiatre espagnol José Delgado stupéfie le monde en arrêtant net un taureau en pleine charge grâce à une télécommande reliée à une puce implantée dans le crâne de l’animal. Ce tour de force préfigure ce que la CIA espère accomplir chez l’homme. À Yale, Delgado poursuit ses expériences en radioguidant des chats, singes, puis des êtres humains, prouvant qu’un signal électromagnétique bien calibré peut induire mouvements et émotions à distance.

Technologies déjà opérationnelles dans les années 1990

Les premières fissures dans le secret apparaissent à la fin des années 1970. En 1977, les auditions Church et Inouye au Congrès exposent partiellement l’ampleur des programmes MK-Ultra. Mais le directeur de la CIA Richard Helms a pris les devants : en 1973, il a fait détruire la plupart des archives compromettantes. Aucune poursuite pénale n’a lieu, et seules deux victimes obtiennent des dédommagements symboliques en justice.

Officiellement, MK-Ultra est démantelé. En réalité, la recherche se poursuit sous d’autres noms. La survivante Cathy O’Brien affirme avoir été esclave sexuelle sous contrôle mental dans le cadre du projet Monarch, une émanation de MK-Ultra, impliquant des personnalités de haut rang dans les années 1980. Sa fille Kelly, née en 1980, aurait été le premier cobaye d’une expérimentation combinant hypnose, électrochocs et stimulation neuro-électronique intensive dès le berceau.

À la même époque, des milliers de brevets militaires attestent du bond technologique accompli dans l’ombre. Entre 1975 et 1998, l’armée américaine dépose des inventions dignes d’un roman d’espionnage : induction du sommeil à distance par fréquences sonores, dispositif auditif par micro-ondes qui fait entendre des sons dans la tête, images subliminales pour influencer l’humeur, détection à distance de l’état émotionnel, manipulation du système nerveux via les écrans vidéos. La liste est vertigineuse.

En 1996, la société Silent Sounds Inc. perfectionne l’hypnose silencieuse : ses ingénieurs savent analyser les ondes cérébrales d’une émotion, les reproduire et les transmettre à distance pour implanter artificiellement cette émotion chez quelqu’un d’autre. Son président Edward Tilton admet dans une lettre que cette technologie a été utilisée avec succès pendant la guerre du Golfe en 1991, tout au long de l’opération Desert Storm, avec l’autorisation du Département d’État.

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